Notre atelier d'écriture Écrire en Cercle a vécu la saison dernière une superbe expérience humaine : l'écriture d'un roman collectif. Neuf auteurs, neuf mois de gestation, d'écriture, de réécritures, de discussions parfois acharnées pour tisser, harmoniser,...
L’oasis de Ouadane aurait dû être en vue depuis une bonne heure. Le départ avant l’aube était censé permettre une arrivée avant les heures les plus chaudes de la mi-journée. Après les dernières dunes, la ligne verte des palmiers devait se dessiner au...
Le pavé parisien a paradoxalement une représentation fort éloignée de celle d’un objet que l’on foule aux pieds. On bat le pavé comme on bat la campagne et le plus souvent on s’y écarte des sentiers battus. Car le pavé contient sa propre frontière : il...
De novembre 2016 à juillet 2017, l'atelier a conjugué ses forces pour écrire un roman collectif. Le roman est à présent terminé, il part chez l'imprimeur et sera disponible pour la Rentrée littéraire de septembre 2017 ! Ce fut une aventure riche d'enseignements...
Misère ! Misère ! Est-ce que j’ai l’air d’une misère ? De quel droit ce nom méchant ? Est-ce que je les appelle asperge, bouboule ou plein d’poils ? Je t’en ficherais, moi, des misères ! C’est parce que je me contente de peu ? Quelques gouttes d’eau,...
Pessimisme Le ciel maussade, d’un gris plombé présageant un orage, n’est pas digne d’un après-midi d’été tel qu’il l’a souhaité. Au milieu de la vaste prairie, deux grands hêtres dont les feuilles agitées par le vent, émettent une musique austère que...
La fontaine représente une coupe. Pourquoi ? Peut-être est-ce en souvenir d'un banquet de la St Eloi ? de l'inauguration de la place Clémenceau ? de l'armistice de 1918 ? de la nomination à un poste important d'une personnalité de la commune ? Bref, l'eau...
Une fois encore ses pas ont porté Victor aux Deux hêtres. Une fois encore il s’arrête et regarde le banc, vide une fois de plus. Il n’ira pas plus loin, il ne m’assiéra pas sur le banc. Il a cessé de pleuvoir mais les nuages ont enveloppé le tertre, l’isolant...
SUSPENSE Par la porte de la chambre à demi ouverte, l’enfant apercevait sa mère étendue sur son lit ; elle paraissait lasse, sa poitrine se soulevait libérant un faible râle qui venait jusqu’à lui. Il la savait préoccupée depuis quelques temps. Elle lui...
...d'abord en écrivant les propos et les pensées d'un seul personnage au moment de la mise en place de la photo: Photo de gauche, en 1914 à Reims, ma grand-mère Germaine, la jeune femme au bébé (mon père) "Tiens, donne-moi aussi une chaise, je m'en vais...
(Thérèse : première à gauche, en bas) - Avoir décidé de prendre la responsabilité de ce camp : je me demande si j'ai eu raison ; si je m'y suis bien préparée. Cette corvée d'eau : la source est loin ; les seaux sont lourds. Mais, sur le chemin, on fait...
Combien étions-nous dans ce dortoir ? douze ? quinze ? C'était dans un château : le château de Maisonseule, dans l'Ardèche. Il hébergeait la colonie de vacances de Saint Marcel. Un vrai château ! avec ses quatre tours, son donjon, ses grands escaliers...
Travailleuses, travailleurs, Allons-nous supporter plus longtemps de nous laisser manger la laine sur le dos ? Depuis toujours nous ne faisons que travailler, amasser des graines dans nos fourmilières que nous devons construire de nos propres pattes,...
« L’ALMANACH du FACTEUR » Calendrier des P.T.T. Aussi loin que j’interroge ma mémoire, il est déjà présent ; je le vois. Année après année, toujours à la même place, suspendu dans la cuisine, bien en évidence pour pouvoir être consulté chaque jour. Souvent,...
Gigi rencontre Bernard En sortant de la menuiserie, Gigi remonte la sangle de la sacoche de gros cuir qui commençait à glisser de son épaule. Il transporte en permanence avec lui les outils du grand-père Giaccomo, il les préfère à ceux de l’atelier. Dans...
Le téléphone est accroché au mur dans la cuisine il est à sa place entre la porte et le frigo un téléphone en bakélite noire sur le côté du téléphone il y a une fourche en métal sur la fourche en métal du téléphone il y a le combiné avec un écouteur et...
MONOLOGUE Je crois que cette photo va être réussie. C’est le moment que j’attendais. Léon, pense que nous y serons tous, la pièce n’est pas très grande, il m’assure que c’est bon. Tous les enfants sont là à la bonne place. Il aurait fallu retirer les...
- Vous m'avez invité, M. Fabre, pour cette promenade en pinède et je vous en remercie. - Oui ; vous devez vous demander, monsieur le maître d'école, pourquoi se promener en cette saison froide ? - C'est vrai : on ne voit plus beaucoup d'insectes, monsieur...
Mais pourquoi mémé Zizou, mon arrière-grand-mère adorée, n'est-elle pas sur la photo aux côtés de la mariée ? Elle avait accompagné tout au long de sa vie cette enfant née de père inconnu, à une époque dure aux "filles mères". Pour la protéger le plus...
Les places s’étaient vidées de leurs foules en casquettes hérissées de poings levés, de leurs banderoles et de leurs drapeaux rouges. Les affiches commençaient à se décoller des murs des usines. Chansons et accordéons s’étaient tus. Dans les cafés, autour...
Fier de lui, tête dressée, sourire coquin, les yeux à demi fermés ; un pas en avant de son pied droit, énergique. Il a l’air d’être seul. Les fillettes derrière lui semblent plus interessées par le photographe qu’elles fixent, que par le garçon qui marche...
Mais vous en avez pas marre de me dévisager, de m’examiner sous toutes coutures, m’inspecter, me juger ? Depuis cinquante ans je vous vois défiler devant moi avec vos regards inquisiteurs. Quand ce gars m’a demandé s’il pouvait me prendre en photo, j’étais...
Le cartable est prêt. L'inconnu de SEPTEMBRE va prendre visage : celui des 25 ou 30 compagnes et compagnons de ses futures journées de classe. Aux premières vacances, celles de NOVEMBRE, on a fait connaissance. Plus que quelques semaines avant que les...
Je voudrais voir plus loin que l'horizon d'ici. Un horizon lointain, un horizon d'îles et de soleil ; un horizon sans villes et sans foule ; un horizon de rencontres et de nouvelles amitiés. A Tahiti, un petit avion m'emporte. Quelques petites heures...
C'est une photo en noir et blanc. D'autant plus noire que la plupart des protagonistes sont vêtus de sombre et que les sourires sont rares. Seule la gabardine de mon père et de mon oncle font des taches plus claire dans ce groupe familial. Et aussi le...