• Souvenirs - Mai 1968 - Bernadette - 23/10/2017

    Souvenirs  -  Mai 1968

    Ce fut le parcours du combattant pour rejoindre mon domicile ; traverser des rues encombrées d’immondices à cause de la grève des éboueurs n’était pas chose facile ; quelques rats en quête de nourriture qu’ils n’avaient aucune difficulté à trouver, se faufilaient ça et là. Les commerçants excédés vociféraient contre l’immobilisme de Monsieur le Maire qui, selon eux,  ne prenaient pas les mesures nécessaires pour faire cesser un tel désordre qui éloignait les chalands de leurs boutiques.

    J’arrivais à la station du bus, elle était déserte, étonnant ? Grève surprise. Une solution : la marche.

    L’événement que je venais de vivre me rendait songeuse ; l’amie rencontrée  dans sa maison de retraite m’était apparue en souffrance, le peu de considération, visiblement, la chagrinait et le personnel peu nombreux s’ajoutait au laisser-aller du service Je n’étais pas satisfaite de ma journée.

    Confortablement installée dans mon fauteuil, je vais enfin goûter un repos bien mérité. Je mets en marche le téléviseur espérant quelques bonnes nouvelles, mais ce n’est pas tous les jours qu’est attribué un Prix Nobel ou un César à un artiste méritant. C’est déjà l’heure du J.T.  L’écran est envahi par un champ de ruines, la chute de Raqqa ! Enfants sans parents, parents sans enfants, les yeux rougis, hagards. Certains présentateurs y voient la chute du terrorisme ! Tu parles !

    Passons à autre chose. Il faudrait changer de chaîne. Non ! j’attends la suite, stoïque. Voici les banderoles, les haut-parleurs qui diffusent leurs bonnes paroles ; les ouvriers, les patrons défendant leur « beefsteak ». Ajoutons les fermetures d’usine, la montée du chômage entrainant le malheur des familles.  Le mécontentement atteint toutes les générations.  Les  images du bout du monde ne sont pas plus rassurantes.

    Je me plonge dans mes souvenirs de Mai 1968 : les pavés, les slogans, la révolte étudiante, la grande grève qui a mobilisé tous les secteurs, les accords de Grenelle ! Aujourd’hui cela m’apparaît encore plus grave et la peur qui nous étreignait ne s’est pas apaisée.

    Pouvons-nous nous relever d’une telle déchéance ? Comment notre pays va sortir d’une situation aussi chaotique ? Les Présidents se succèdent sans qu’aucune solution ne voit le jour.

    Pourtant, il ne manque pas d’hommes courageux, des femmes aussi qui œuvrent pour changer les mentalités. Il faut ajouter  à cela tous les problèmes générés par l’argent, la corruption.

    Mes pensées vagabondent, je ferme les yeux.

    Un homme apparaît, les choses s’arrangent, tel une bonne fée qui agite sa baguette magique, l’ordre est rétabli. J’avais bien tort d’être pessimiste, je voulais seulement être réaliste. Les enfants jouent dans les rues, leurs cris de joie me parviennent….

    Des bruits sur le palier me tirent de ma rêverie. Ce sont mes voisins qui arrivent, ils ont participé au nettoyage du Vieux-Port, heureuse initiative qui met du baume au cœur.

    Je veux échapper à ce rêve manqué pour me souvenir de cette citation du Mahatma Gandhi :  « Vous ne devez pas perdre espoir en l’humanité. L’humanité est un océan, même si quelques gouttes sont souillées, l’océan ne le devient pas ».


    Bernadette  -  23 novembre 2017


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