• La maison de mes grands-parents - Bernadette - Janvier 2018

     

    Souvenirs d’enfance à Gémenos

     

     

                Elle était située au centre du village. Grand-mère et grand-père l’occupaient encore ; le magasin « chaussures et mercerie » au rez-de-chaussée était tenu par mes oncle et tante.

     

                Chaque dimanche j’y retrouvais mon cousin Jo,  de quatre ans mon aîné,  qui  m’entraînait dans les petites rues où nous pouvions courir en toute liberté. Mais le jeu qui nous amusait le plus était celui qui consistait en une course poursuite dans les escaliers de la maison jusqu’au deuxième étage, toujours à l’affût d’une découverte insolite. Il fallait grimper sans trop de bruit,  trouver une place pour poser nos pieds en quête de rapidité.

     

                 Chaque marche était occupée par les cartons de chaussures que ne pouvait contenir la réserve du magasin. Pépé considérait notre jeu pour le moins farfelu,  mais il était si compréhensif,  qu’il nous regardait évoluer dans ce dédale et les éclats de rire que nous ne pouvions contenir,  le rendaient heureux.  Parfois, les cartons s’ouvraient,  libérant des paires de chaussures et de pantoufles que nous nous empressions  d’essayer,  malgré la peur de nous faire gronder.

     

                Dans la réserve que nous ne manquions pas de visiter, s’entassaient des morceaux de cuir de couleurs différentes que tonton, cordonnier,  utilisait pour la confection des chaussures ; ils dégageaient une odeur forte.  Nous préférions celle plus douce des pièces de tissus, de la lingerie, et même celle un peu épicée des espadrilles colorées, liées en gerbes, suspendues au plafond. Cet amusement se terminait toujours de la même façon, dans les bras de grand-père qui en profitait pour nous couvrir de baisers.

     

                Un dimanche, en arrivant devant la maison, nous trouvâmes la porte fermée, masquée par une tenture noire. Papa et maman qui s’étaient tu durant le trajet m’expliquèrent que grand-père  était parti, voir le Bon Dieu et que désormais il faudrait apprendre à vivre sans lui.

     

                Les dimanches qui suivirent ne furent jamais les mêmes !

     

                Dans mes souvenirs d’enfance, cette maison occupe une grande place et aujourd’hui encore j’aime l’évoquer.

     

    Bernadette

     


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